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Benoît Duployer, comment devient-on Head Coach du BMX Racing à la Fédération Française de Cyclisme ?
Benoît Duployer : Le BMX a été mon premier sport et, de débutant à athlète « élite », je n’ai jamais arrêté ! Mais après avoir roulé pendant 20 ans, et alors que le BMX n’était pas encore un sport olympique, c’est-à-dire un sport très encadré, très accompagné, suivi par des partenaires, j’ai fait le choix de basculer vers les études. J’ai suivi un cursus de professeur d’EPS et j’ai commencé à exercer en 2002. Quand la discipline est devenue olympique en 2008, la filière sportive s’est structurée, professionnalisée, les athlètes se sont entraînés différemment. Je suis revenu vers le BMX à ce moment-là. J’ai passé mon Brevet d’État d’entraîneur en 2009 et j'ai été directement sollicité par l'équipe de N1 de mon territoire, les Pays de la Loire, que j’ai commencé à manager bénévolement. On en était encore aux balbutiements. Petit à petit, les résultats sont arrivés. C’est une équipe qui compte aujourd’hui sur l’échiquier du BMX français. Certains de nos athlètes ont fait les Jeux Olympiques, on a décroché des maillots arc-en-ciel à trois reprises, des titres de champion d'Europe. J'ai travaillé avec eux jusqu'à fin 2024. D'un point de vue plus personnel, j'avais souhaité à plusieurs reprises intégrer pleinement le cadre fédéral. Mais le transfert du ministère de l’Éducation Nationale au ministère des Sports n’était pas évident, il a pris du temps. J’ai finalement été engagé par la FFC sur un poste de Conseiller Technique Régional en 2022, avant, en février dernier, d’être nommé Head Coach du BMX Racing. C'est très frais !
Quel est le rôle de « Head Coach » ?
Benoît Duployer : Le Head Coach est le responsable de l'équipe de France Olympique. Il est chargé d'aller gagner des médailles aux Championnats du monde et aux Jeux.
Pour ceux qui sont peu familiarisés avec votre sport, expliquez-nous ce qu’est le BMX Racing et combien de disciplines il rassemble ?
Benoît Duployer : Vous prenez des BMX, une piste avec des reliefs, vous faites partir huit coureurs en même temps, le premier qui arrive en bas a gagné. C’est simple non ? C'est notre discipline de référence. Nous avons eu aussi ce que l'on appelait les « time trials », les « tours chronométrées individuels ». Mais ce n’est plus une compétition homologuée par l’Union Cycliste Internationale. Aujourd’hui, on n’a plus qu’une seule discipline aux Jeux Olympiques, ce huit contre huit, pour hommes et pour femmes. Et elle existe à tous les niveaux de notre sport, pour toutes les tranches d’âge.
Quelles sont les grandes échéances du BMX Racing français ?
Benoît Duployer : A moyen et long termes, nous avons deux échéances majeures sur cette Olympiade. La première, ce sont les championnats du monde qui auront lieu en France en 2027 car ils se disputent chez nous et nous serons en période de qualifications olympiques , période qui commence en septembre prochain. Deux raisons qui nous obligent lors de ce rendez-vous ! La deuxième grosse échéance, ce sont les Jeux de Los Angeles en 2028, évidemment. A plus courte échéance, nous avons un rendez-vous dès le week-end prochain et le week-end suivant : les deux premiers rendez-vous de la Coupe du monde 2026, à Sarrians, un petit peu au nord de Marseille dès cette semaine, et sept jours plus tard en Hollande, à Papendal, le temple du BMX européen. Ces deux courses vont lancer la saison et dresser une première hiérarchie mondiale des athlètes. C’est aussi une manière de préparer le Championnat du monde qui, lui, aura lieu en Australie les 18 et 19 juillet prochains.
Concrètement, quels objectifs avez-vous sur ces différents rendez-vous ?
Benoît Duployer : Il faut différencier les objectif hommes et les objectifs femmes. Chez les hommes, c'est de gagner les championnats du monde en France et de gagner aux Jeux Olympiques. On a une densité, un niveau et une expérience au niveau des athlètes français qui permet d’avoir cette ambition-là. En tout cas, moi, c'est la mienne. Chez les femmes, on doit remettre de la densité puisque, aujourd'hui, on a peu d'athlètes qui sont en mesure d'entrer régulièrement sur des finales de Coupe du monde. Avant, d'afficher clairement de vouloir faire des médailles olympiques, il faut que nous ayons plus de filles en mesure d'être compétitives. Et nous ferons le maximum pour accompagner celles qui seront en mesure d’aller chercher des médailles. Nous avons ce travail de fondation à faire pour, ensuite, aller chercher des choses peut-être plus ambitieuses en 2032. Pour revenir à votre question d'échéance plus rapprochée, eh bien, sur Sarrians et sur Papendal, je n’ai pas fixé d’objectifs. Du moins en tant que tels, mais est-ce la peine ? Sarrians, c’est l’ouverture de la Coupe du monde et c’est en France. Donc on y va pour gagner. Et je sais que les garçons ont tous cet objectif en tête. Quand on est en France, le public pousse très fort. Et il y a une grosse culture de la gagne maintenant chez nous. Chez les filles, l’objectif est de lancer la dynamique qui va mettre un maximum d'athlètes dans le dernier carré, je dirais en demi-finale, voire en finale.
FIN de la 1ère Partie.
..à suivre, 2e Partie : « Le BMX, le meilleur apprentissage du vélo ! »